Dernière modification le 07-04-2012

 

Estelle Vereeck, Docteur en chirurgie-dentaire, auteur d'ouvrages sur les dents parus aux éditions Luigi Castelli

 

Syndicats de dentistes, assurance maladie et complémentaires s'étaient réunis dans le but de trouver un accord permettant un meilleur remboursement des soins dentaires dits conservateurs : soins de carie, dévitalisation, détartrage…

Ces différentes instances ont suspendu leurs négociations mardi soir, le 03 avril, sans qu'un accord sur une revalorisation des soins conservateurs ait pu être trouvé.

Un dernier espoir réside peut-être, avec l'Union des complémentaires qui réunit ses instances le 11 avril prochain. Les dentistes espèrent au moins aligner le tarif de leur consultation sur celui des médecins (23 euros).

 


Soins dentaires opposables

 

Les tarifs des soins conservateurs sont fixés par la sécurité sociale. Leur tarif est dit opposable car il ne peut donner lieu à dépassement d'honoraires comme c'est le cas pour la prothèse (couronnes, bridges, implants…) dont les tarifs sont libres.
Les tarifs des soins conservateurs ont été très peu revalorisés ces dernières années, alors que dans le même temps, les prothèses et l'orthodontie aux honoraires libres ont vu leurs tarifs augmenter, au point qu'une récente campagne d'affichage demandait le plafonnement des honoraires des orthodontistes.

Et pour cause : aujourd'hui le chiffre d'un cabinet dentaire se fait grâce aux prothèses, tandis que les soins conservateurs permettent au mieux d'équilibrer le budget, voir coûtent de l'argent au dentiste qui s'y consacre dans les règles de l'art.

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si les cabinets dentaires dits low cost qui s'ouvrent aujourd'hui un peu partout dans les grandes villes françaises, éliminent ces soins conservateurs de la carte de leurs prestations dans le but d'optimiser leur rentabilité.

 

Dentisterie de qualité : pas au tarif sécu

 

Faire une dentisterie restauratrice de qualité, qui est, rappelons-le, la base de l'art dentaire, est impossible au tarif de la sécurité sociale. Par exemple, les deux ou trois séances supplémentaires nécessaires pour conserver une dent vivante et éviter la dévitalisation, ne sont pas prises en charge par l'assurance maladie qui ne rembourse que l'obturation finale, et encore à un tarif ridiculement bas qui ne permet pas de financer un matériau biocompatible. Il faut donc soit demander au dentiste de prendre une partie de ces soins à sa charge, ce qui signifie en clair qu'il perd de l'argent quand il soigne une dent pour la garder vivante (un comble) et amoindrit d'autant la rentabilité du cabinet, avec à terme le risque de voir les dentistes se détourner de ce type de soins, soit accepter que le patient rémunère de sa poche ces soins conservateurs.

Pourtant investir dans les soins conservateurs s'avère à long terme un excellent calcul dans la mesure où, par exemple, une dent vivante n'aura pas besoin d'être couronnée, ne s'infectera pas (abcès dentaire), ne donnera pas les complications associées aux dents dévitalisées, etc.

Outre être préjudiciable à la santé, une politique à courte vue s'avère à long terme beaucoup plus coûteuse (couronnes, implants, bridges…). Mais qui le comprend ?

 

Source : http://lexpansion.lexpress.fr/economie/suspension-des-negociations-sur-le-remboursement-des-soins-dentaires_290126.html

 

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