Dernière modification le 27-03-2012

 

Estelle Vereeck, Docteur en chirurgie-dentaire, auteur d'ouvrages sur les dents parus aux éditions Luigi Castelli

 

Une société d’expertise environnementale, BIO Intelligence Service (BIOIS) a rendu public le 5 mars 2012 un rapport* intitulé : «étude sur le potentiel de réduction de la pollution au mercure des amalgames dentaires et des piles».

Cette étude a servi de base à la réunion qui a eu lieu le 26 mars 2012 à Bruxelles dans le cadre de la stratégie communautaire sur le mercure, visant à réduire l'exposition des population à ce toxique puissant, actuellement en cours de révision.

Mercure : conclusions du rapport BIOIS

Le rapport BIOIS rappelle l'incidence des plombages ou amalgames dentaires sur la santé humaine : maladies neurodégénératives dont la maladie d’Alzheimer, pathologies auto-immunes, incidences sur le développement fœtal, malformations… Le rapport BIOIS rappelle également qu'en matière d'empreinte écologique, les déchets d’amalgames représentent en Europe une cinquantaine de tonnes par an, contribuant fortement à polluer l’air, les eaux, le sol. Mentionnant que des alternatives efficaces et abordables à l'amalgame dentaire existent, le rapport BIOIS préconise en conclusion d'en finir avec l'amalgame dentaire dans les pays de l'Union Européenne entre 2013 et 2018.

Le banissement de l'amalgame dentaire au mercure par la Comission européenne signerait la fin de ce matériau toxique à l'échelon planétaire, ainsi que la plupart des pays en ont déjà décidé à Nairobi, en novembre 2011.

 
Mercure dentaire : les dentistes français résistent

Avec 17 tonnes insérées par an dan la bouche des patients français, la France reste, à égalité avec la Pologne, le pays européen le plus gros consommateur de mercure dentaire, utilisant à elle seule un tiers du mercure dentaire européen (une obturation dentaire sur deux en France est un amalgame). Nos voisins allemands s'en voient poser six fois moins. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si les taux de mercure capillaire mesurés chez les Français sont supérieurs à ceux des allemands. Quant à la Norvège, au Danemark et à la Suède, ces pays ont purement et simplement interdit l’amalgame dentaire.

En France, l'ordre des dentistes s'est activement mobilisé pour faire pression sur les négociations de Bruxelles dans le but de défendre l'amalgame dentaire, arguant que l'abandon de ce matériau serait préjudiciable à la santé dentaire de la population. Un article virulent, fustigeant la décision de la Norvège d'interdire ce matériau, était même paru dans un journal syndical français.

Même si l'innocuité d'un matériau composé pour moitié de mercure pur est difficilement défendable, les instances sanitaires françaises (Afssaps, sécurité sociale, ministère de la santé, ordre des dentistes…), ont toujours affirmé et continuent d'affirmer que l'amalgame dentaire au mercure est sans danger. Tel est le discours officiel, du moins en France.

Derrière cette prise de position se profile une réalité économique : l'amalgame dentaire reste à ce jour le matériau le moins coûteux et le plus rapide à poser. Les nombreuses alternatives qui existent, étant plus complexes à mettre en œuvre et par conséquent plus coûteuses.

 

Dépose des amalgames dentaires, précautions et matériaux alternatifs : le Pratikadent


* http://ec.europa.eu/environment/chemicals/mercury/pdf/BIO_Draft%20final%20report.pdf

 

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Tag(s) : #PLOMBAGES au mercure

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