Dernière modification le 15-05-2011

Estelle VereeckDocteur en chirurgie-dentaire, auteur d'ouvrages sur les dents parus aux éditions Luigi Castelli

 

Dentiste abuseur

 

Dentiste abuseur, sadique et tortionnaire qui prend plaisir à faire souffrir ses patients, telle est la figure de croquemitaine que les parents invoquent parfois pour faire tenir tranquille les enfants : "si tu n'es pas sage, je vais t'emmener chez le dentiste". On le croyait pure fantasme issu de l'inconscient collectif, figure de cauchemar tout droit sortie d'un imaginaire débridé, plus proche des films d'horreur que de la réalité.

Las, il arrive parfois que la réalité rejoigne la fiction, fut-ce dans l'horreur.

Les anciens patients de ce dentiste de l'Oise, aujourd'hui en fuite à l'étranger, en savent quelque chose.

Freddy (ça ne s'invente pas) Berrih, dentiste de 1988 à 2004 sur le plateau Saint-Jean à Beauvais, doit répondre devant la justice de chefs d'accusation graves.

"Il m’a mutilé" accusent unanimement les anciens patients ou plutôt victimes de ce dentiste "escroc et tortionnaire", des victimes qui entendent aujourd'hui demander réparation à celui qu'ils ont surnommé le "boucher de Saint-Jean". 

Victimes d'actes dentaires injustifiés, dont des extractions abusives, des infections dentaires conséquences de soins bâclés dans des conditions d'hygiène douteuses, des dévitalisations de dents saines… nombre de ces patients sont aujourd'hui édentés et doivent faire face à un handicap lourd et à des frais médicaux qui le sont autant.

 

L'un d'eux explique que, venu pour un simple "plombage" à faire remettre, il s'est retrouvé avec 21 dents extraites.

Si de tels abus restent rares, force est de reconnaître que leur caractère spectaculaire focalise l'attention, d'autant plus que le spectre du dentiste arracheur et sadique en puissance, n'est jamais loin. De tels cas ont malheureusement de quoi alimenter la phobie du dentiste de certains patients.

 

Face au dentiste abuseur : s'informer, encore et toujours


Pourtant, chaque patient a une part de responsabilité dans la manière dont il est soigné et ne pas la reconnaître serait le réduire à un pantin ignare et passif entre les mains du dentiste. Ce qu'il n'est pas, bien évidemment.

Il ne faudrait pas croire que consulter un dentiste holistique mette automatiquement à l'abri de tout problème d'abus ou de dérive, d'autant moins que l'exercice de la dentisterie holistique ne fait pas l'objet d'une réglementation spécifique. Des dérives peuvent se produire également dans ce domaine où, sous couvert d'une approche holistique, certains dentistes prônent les extractions sytématiques des dents dévitalisées avec le risque de mutilations graves et irréversibles.

Se réclamer de la dentisterie holistique n'est pas un gage de compétence ni d'humanisme.

Le temps où le patient ouvrait la bouche en fermant les yeux sur le fauteuil du dentiste est révolu. Si par son devoir d’information le praticien doit prévenir des effets secondaires possibles d’une thérapeutique donnée et de la composition des matériaux utilisés, de son côté, le patient a le devoir de s’informer. S’en remettre au dentiste, « Faites pour le mieux, Docteur », est une attitude révolue. Trop d’enjeux de santé et financiers influencent le choix d’une technique, d’un type de soin ou de prothèse. Le mieux au plan financier ne coïncide pas toujours avec le mieux en terme de santé et de biocompatibilité.

La dentisterie holistique s’adresse à un patient responsable, soucieux de gérer sa santé, aussi bien dentaire que générale, et qui fait ses choix en conséquence.

 

Le Pratikadent, dictionnaire des bonnes pratiques de soins en dentisterie holistique

également disponible en version numérique PDF (envoi immédiat par mail)

 

Source : leparisien.fr

http://www.leparisien.fr/oise-60/oise-les-victimes-du-dentiste-racontent-leur-calvaire-15-04-2011-1408106.php

Tag(s) : #Divers

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