Dernière modification le 19-04-2009

Par Estelle Vereeck, Docteur en chirurgie-dentaire, auteur d'ouvrages sur les dents


Le plombage ou amalgame dentaire, obturation métallique composée pour moitié de mercure, a fait l’objet de nombreuses controverses alimentées par des études contradictoires sur sa toxicité.



Résultats inquiétants

La quasi-totalité des études* publiées à ce jour, menées tant chez l’animal que chez l’homme, s’accordent à reconnaître le passage et l’accumulation de mercure dans les tissus tels que les poumons, le foie, les reins, le cerveau. Il a été démontré que le mercure franchit la barrière placentaire, s’accumule dans les organes fœtaux et contamine le lait maternel. Toutes les études montrent que la concentration du mercure dans les tissus est proportionnelle au nombre d’amalgames présents en bouche. En outre, une étude a montré l'implication possible du mercure, neurotoxine, dans la dépendance au tabac.


Interprétations rassurantes

Ces résultats auraient de quoi alarmer si d’autres études destinées à évaluer les conséquences des plombages sur la santé humaine  n’innocentaient le mercure avec une belle unanimité. En conclusion, oui, le mercure s’accumule bien dans les tissus vivants (difficile de le nier !) mais non, cette accumulation n’aurait aucune incidence sur la santé des individus. De nombreuses études suggèrent même que les porteurs de plombages qui se plaignent de troubles induits par le mercure seraient psychiquement perturbés et devraient être traités pour ces troubles psychologiques qui n’auraient rien à voir avec une intoxication au mercure. Ainsi, ce que certains appellent la maladie de l'amalgame ne serait qu'une divagation psychosomatique (sic)*. Quant aux parents d’enfants porteurs de restaurations à l’amalgame, ils peuvent être eux aussi rassurés : le mercure n’engendrerait aucun trouble cognitif chez les enfants porteurs de telles obturations.

* Gottwald et al. Int J Hyg Environ Health 2001 Dec, 204 : 223-9



De bonnes raisons de rassurer l’opinion

Rappelons pour mémoire que l’ADA (American Dental Association) fondée en 1859 par les partisants de l’amalgame, dissidents de l’American Society of Dental Surgeons (qui, elle, avait interdit l’emploi de l’amalgame au mercure) a toujours défendu bec et ongles l’emploi du plombage en dentisterie. Quelle ne serait pas la panique dans le monde entier si des études cliniques confirmaient la nocivité du mercure sur la santé humaine, sans parler de l’énorme déficit des fabricants suite à l’abandon d’un matériau source de profits colossaux: plus de 10 millions d'amalgames posés chaque jour dans les pays développés. Et surtout, que dire du problème financier posé à la collectivité, obligée de rembourser la dépose et le remplacement d’un matériau reconnu toxique ? Il est certain que ces études nous rassurent pleinement, même si une étude canadienne (citée dans le rapport du Sénat du 5 avril 2001) préconise une limite maximale de pose fixée à quatre plombages chez l’adulte, trois pour les adolescents et un pour les enfants. Une manière de reconnaître implicitement la nocivité du plombage ?


Une décision qui pourrait changer la donne ?

La décision de la Norvège d'interdire l'emploi du mercure et donc de l'amalgame dentaire à compter du premier janvier 2008 renforce la position des détracteurs de l'amalgame dentaire, même si les raisons officiellement invoquées sont les préoccupations écologiques liées à l'emploi du mercure et non le risque d'intoxication des populations par ce même mercure. Cela n'a pas empêché un comité scientifique mandaté la la Communauté européenne d'exempter l'amalgame de tout effet nocif dans un rapport rendu public mi-janvier 2008.

Attention: les personnes qui souhaitent faire déposer leurs plombages doivent exiger de leur dentiste des précautions particulières car le fraisage occasionne une libération accrue de mercure.

Les méfaits du plombage au mercure sur la santé sont expliqués en détail dans le Pratikadent. Des extraits des rubriques Plombage, Plombage-dangers et Plombage-dépose sont accessibles sur le site des éditions Luigi Castelli.

* Bibliographie à consulter sur le site des Éditions Luigi Castelli

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