Estelle Vereeck, Docteur en chirurgie-dentaire, ayant cessé d'exercer pour se consacrer à l'écriture d'ouvrages sur les dents parus aux éditions Luigi Castelli

Plus d'un dentiste sur trois refuse de soigner les patients atteints du SIDAPlus d'un dentiste sur trois refuserait de soigner les patients atteints du SIDA à partir du moment où ils déclarent leur séropositivité.

C'est ce que vient de démontrer une étude commanditée par l'association Aides qui lutte contre le SIDA*.

Les patients infectés par le VIH se voient purement et simplement opposer un refus dans près de 4% des cas, tandis que 30% des dentistes invoquent des excuses plus ou moins "bidon" pour ne pas recevoir celui ou celle qui se déclare séropositif. Horaires contraignants, dépassement d'honoraires (les séropositifs devraient donc payer plus cher pour se faire soigner ?), manque de connaissances, matériel inadapté... font partie des justifications avancées par les dentistes ou leur personnel. Des excuses qui ne tiennent évidemment pas : "dans les cabinets, les précautions sont les mêmes, quel que soit le patient" précise le président de l'Ordre des dentistes. Il n'est donc pas justifié de demander à un séropositif de payer plus cher au prétexte de précautions particulières exigées par son statut sérologique, ni de lui imposer des horaires contraignants (par exemple, tard le soir). De plus, traiter un patient atteint du SIDA n'exige pas un plateau technique particulier. Enfin, le manque de connaissance n'est pas une excuse acceptable car tous les dentistes sont actuellement formés à la prise en charge de cette pathologie et ceux qui ne le seraient pas (car plus âgés) sont astreints à la formation continue.

Qu'en pense l'Ordre des dentistes ?

Refuser de soigner un patient atteint du SIDA est une violation pure et simple du code de déontologie et relève de la discrimination. Le président de l'Ordre national des dentistes déclare que ces refus sont anormaux et assure que toute plainte dans ce sens est suivie de poursuites de la part du dit Ordre. Certes. Mais comment le patient séropositif peut-il faire la preuve du refus qu'il vient d'essuyer ? Lorsqu'un dentiste ou son personnel refuse un patient atteint du SIDA, il le fait rarement par écrit. Le patient séropositif doit-il systématiquement enregistrer la conversation lors de la prise de rendez-vous ? Cette preuve serait-elle recevable ? L'avis d'un juriste serait le bienvenu. Sans preuve tangible de la part du patient séropositif, il y a fort à craindre que la plainte soit, certes enrigistrée par l'Ordre, mais classée sans suite.

* Source : http://www.24matins.fr/dentistes-30-refusent-de-soigner-les-patients-seropositifs-193861

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